Histoire locale


Entrée du bourg côté Saint-Just-en-Chevalet…

Avant
Après…

 


Le bourg …

Avant
Après…


- Aux sources de Grézolles :

    A la connaissance générale, aucun silex n’a été découvert sur le site de Grézolles. Aucun vestige Gallo-Romains non plus.
La première mention que nous ayons de Grézolles remonte à 1190 où un seigneur de Grézolles nommé Guillaume apparaît dans une charte, sans que nous puissions établir de lien entre ce lignage et le château du même nom. Guillaume de Grézolles figure, vers 1190, avec Itier Raybe, parmi les fidèles de Guy II qui témoignent à son traité avec Humbert III de Beaujeu.

- L’église :

    L’église du village n’est pas très ancienne puisqu’elle fut construite au milieu du 19ème siècle en remplacement d’une autre en très mauvais état. On ne sait que peu de chose sur l’église primitive. Le plus ancien document qui en fait mention date d’une visite pastorale en 1662. Sombre et humide, dédiée à la Vierge et à Saint Roch, elle possédait, dit-on, les reliques de Saint Vincent.
Les seigneurs de Grézolles et de Buffardan y avaient leurs sépultures et elle était entourée du cimetière.
En 1824, son état est tel que l’archevêque de Lyon lui-même s’en émeut. Tout est à refaire. Le curé est même obligé d’avancer lui-même l’argent pour payer le sacristain. Les devis de réparation demandés en 1840 sont d’une telle ampleur que l’on décide en 1850 d’en construire une nouvelle. La construction en est confiée à un entrepreneur de Saint-Marcel d’Urfé, Claude Burellier. La commune doit fournir les matériaux nécessaires. Le 12 mai 1853, le procès verbal de réception atteste que les travaux ont été menés à bien.
La cloche qui rythme le temps et les offices est encore plus récente. Elle fut fondue à Coutouvre par un fabricant du nom de Burnichon en 1878. Elle fait un poids respectable de 981 kg avec son battant. Pour diminuer la dépense que représentait sa fabrication (3 729,70 F), le fondeur accepta de fondre pour 1000 F l’ancienne cloche fêlée qui équipait le clocher et qui devait provenir de l’ancienne église de Grézolles. Ainsi disparut la cloche antique pour être remplacée par celle que nous entendons aujourd’hui.

- Le château :

    Il ne reste guère plus que deux tours de ce qui fut le château de Grézolles.
Doit-on parler de château ou de camp retranché tant les dimensions de ce complexe fortifié étaient impressionnantes ?
Il faut s’imaginer 750 mètres de murs d’enceinte fortifiés par dix tours rondes et quatre donjons carrés !
La superficie totale de cet ensemble était de deux hectares et demi ! Des deux tours massives à base carrée qui demeurent, l’une semble dater du 12 ème siècle , l’autre plus récente, sans doute du 15 ème siècle.
Un parc arboré s’étend à leurs pieds invitant à la rêverie et servant d’écrin à ces témoins des temps anciens.
Le château a reçu récemment le label de la Fondation du Patrimoine.

 

- Le chemin de fer :

    Il ne reste guère de traces de l’ancien chemin de fer, appelé plus familièrement le tacot.
La gare en est un des derniers vestiges visible, ainsi que le profil de la voie que l’on devine à travers la campagne.
Un panneau émaillé « passage à niveau non gardé » montrant une locomotive fumante est longtemps resté planté dans un champ, témoin pittoresque d’une époque qui vit passer et s’arrêter le train venant de Saint-Just-en-Chevalet ou de Saint-Germain-Laval.
Le tacot fonctionna de 1912 à 1939.
Sur une carte postale de 1921 intitulée « Itinéraires pour atteindre le Château d’Aix », il est signalé qu’il y a au moins un train par jour s’arrêtant à Grézolles en provenance de Balbigny.

 

 

- La chapelle Sainte-Barbe :

    La chapelle Sainte-Barbe est classée monument historique depuis 1905.
Elle a été bâtie au début du 16ème siècle par Claude de Saint Marcel coseigneur dudit lieu.
Elle a été dédiée en 1503 à Sainte Anne et Sainte Barbe dont elle abrite les deux statues de la même époque.
Elle possède également un vitrail du 16ème siècle



- La vigne :

    La dernière vigne fut celle de Monsieur Bourdelin à Grand Forge. Elle fut arrachée en 1997.
On a oublié de nos jours que Grézolles a été un village viticole et qu’en 1806, 92 propriétaires avaient une vigne !
Au grand désespoir des vignerons, les chèvres erraient dans ces vignes et en mangeaient les feuilles.
La municipalité fut obligée de prendre un arrêté interdisant de laisser courir les chèvres et les chiens jusqu’à la fin des vendanges… En regardant les cartes postales anciennes, on peut constater que vers 1900 les coteaux du Plat au-dessus d’Aix étaient couverts de ceps.

- La mine de plomb :

    Son origine : Les filons de plomb argentifère de la région semblent être connus depuis la civilisation romaine.
En effet, à l’Argentière, on découvrit, paraît-il, dans une galerie de mine, un rouleau de monnaies romaines qu’une oxydation partielle faisait adhérer entre elles, avec, comme effigie, celle de Marc Aurèle (161-180).

Historique :
La mine de plomb fut concédée le 10 août 1728 à François de Blumenstein de Salzbourg, grâce à l’accord de son ami François de Villeroi, gouverneur de Louis XV.
Quelques fouilles furent entreprises de 1734 à 1736. Mais les travaux ne commencèrent qu’en 1763.
Le personnel était composé de
- 19 ouvriers
- 5 mineurs
- 10 rouleurs
- 4 casseurs
L’entrée de la mine se situait « aux Rivières », vers la maison de Monsieur Palabost.

Le filon :
Le filon principal démarre à 400 mètres de l’entrée de la mine puis a été prolongé encore de 600 mètres avant d’être abandonné à la fin du XVIIIème siècle.
Des puits inclinés de 15/16 mètres ont également été creusés mais l’eau souterraine a empêché d’aller plus loin.
En 1790, la production était de 500 quintaux « anciens ». Dès 1807, le filon latéral fut exploité en direction Nord Est et allongé de 400 mètres. La mine et la laverie occupaient 40 ouvriers et 4 chevaux ; la production était de 700 quintaux.
Le minerai, une fois extrait, était lavé dans la maison actuelle de Mesdemoiselles Aspin. Un canal apportait l’eau de l’Aix captée en amont. Aujourd’hui, on peut voir des vestiges de la laverie. Après avoir été lavé, le minerai était remonté à Fontferrière, dans la salle des machines et du magasin, lieu où l’on stockait le minerai.

La salle des machines :
La bâtisse est actuellement en ruines et se situe en-dessous de la maison de Monsieur Mangavelle.
Ici, des pilons à vapeur cassaient le minerai et celui-ci était trié en fonction de sa nature et de sa richesse (plomb, zinc, cuivre). On peut encore distinguer les inscriptions des minerais au mur.
A proximité de la maison, se trouvaient les chaudières et les bassins réservoirs pour l’alimentation en vapeur des pilons.
On trouvait en moyenne dans le minerai 73% de plomb et 96 grammes d’argent pour 100 kg de minerai.
Une fois trié, le minerai était conduit aux fonderies de Tarare et de Champoly.
Il était utilisé pour armer les troupes de la République. En 1850, la galerie fut surélevée et pourvue de rails sur 500 mètres.
En 1855, un filon vierge fut traité à la machine à vapeur.

Aujourd’hui :
Le 10 février 1956, la société PENARROYA devient propriétaire de la concession et décide de redémarrer les travaux pour une approche et une remise en état des anciennes galeries sur le site car c’était le filon le plus puissant de la région.
Monsieur HALLEMANS, ingénieur géologue, et Monsieur OLIVELLA, chef de chantier, en sont les responsables.
Des boiseries neuves sont posées à l’entrée de la mine ainsi que des rails provenant d’une ancienne mine de La Prugne
(mine Charrier).
Le sol très friable n’a pas permis d’aller plus loin.
Les recherches se sont surtout concentrées sur le site de Juré, plus riche en roche et donc plus stable.
Ces travaux n’auront duré que deux ans. La mine de Grézolles appartient actuellement à la société Métal Europe.
Si, durant 100 ans, la société ne fait plus de travaux dans la mine ; celle-ci redevient propriété du domaine public.
Le plomb, étant de moins en moins utilisé dans la vie courante, on peut supposer que les chances d’ouverture future sont minimes.

 

- La Thèse de Doctorat de 3ème cycle réalisée par Madame Simone COQUERELLE en 1981 peut être consultée en mairie.
Elle traite des fondements démographiques, des bases de l’économie et de la société à Grézolles de 1700 à 1830.

- « L’Astrée » : une des premières éditions du célèbre roman d’Honoré d’Urfé fait partie du patrimoine de la commune.

- Le Mémorial d’Aix :

    Inauguré le 31 mai 2008, le double mémorial d'Aix, situé en bordure de l'Aix sur la commune de Saint Martin la Sauveté, mais à proximité de Grézolles, rappelle qu'en ces lieux s'élevait le Château d'Aix. Cette demeure historique du XVIème siècle, laissée à l'abandon suite à un incendie en novembre 1971, fut rasée en mars 1979.
Ce que l'on sait moins, c'est que ce lieu vit naître le 18 août 1624 le Père François de la Chaise d'Aix qui durant 34 années, jusqu'à sa mort le 20 janvier 1709, fut le confesseur du roi Louis XIV. Ce discret, mais influent personnage de l'Histoire de France, passa son enfance dans cette belle vallée de l'Aix et donna son nom au plus grand cimetière parisien connu sous le nom du "Père Lachaise". En ces lieux séjournèrent également, les pères Salésiens de la congrégation de Dom Bosco qui durant quarante années, de 1917 à 1957, encadrèrent une école secondaire prestigieuse dont la réputation dépassait nos frontières. Ils marquèrent profondément la région, dont Grézolles, durant leur séjour. En mai 2008 fut inaugurée une double stèle en granit de pays rappelant ces deux moments historiques de notre vallée. Fruit d'une collaboration entre les anciens élèves des salésiens, la commune de Saint Martin la Sauveté, l'ISEF du Château d'Aix et le Conseil Général, ce monument, convivial, puisque entouré de petits bancs, inséré dans l'écrin de la vallée de l'Aix, mérite que l'on s'y arrête et invite le promeneur à contempler un cadre magnifique et à méditer sur le temps qui passe.